Le mot du directeur

Bienvenue sur le site internet du CMNE !

On pourrait volontiers penser que tous les Neuchâtelois connaissent la suite de mots représentés par ces quatre syllabes, quoi que… Il me semble souvent entendre même des Neuchâtelois parler du Conservatoire de Neuchâtel en lieu et place du véritable nom adopté depuis la cantonalisation de la formation musicale en 2007 :

  • C pour Conservatoire,
  • M pour musique,
  • NE pour neuchâtelois, incluant ainsi tout le canton.

CMNE, c’est donc l’acronyme de Conservatoire de musique neuchâtelois, que ce soit dit une fois pour toutes !

Mais regardons cela de plus près :

C pour Conservatoire

Du latin Conservare. Conserver ? Conservation ? Conservateur ? Conserves ?

Mais quelle drôle d’idée d’affubler notre noble institution dynamique et innovante d’un terme aussi proche de celui des produits issus d’une fabrique de Lenzburg.

N’aurait-on pas pu profiter de la cantonalisation pour changer de nom ? On aurait pu l’appeler l’Innovatoire ou le Créatoire de musique neuchâtelois !

Pourquoi donc employer ce terme universel utilisé pour qualifier les établissements qui forment des musiciens ? Qu’est-ce que l’on conserve dans un conservatoire ? Revenons à nos boîtes de conserves. Lorsque l’on se rend sur le site de la fabrique HERO, on constate que son adage est : « Tout le meilleur de la nature, préservé pour vous ! ». Conserver, c’est donc peut-être s’assurer que le meilleur puisse être mis à disposition de tous, le plus longtemps possible. Mais s’il m’est permis de douter que la saveur du meilleur de la nature soit véritablement préservée dans des contenants métalliques hermétiques, une chose est certaine : au CMNE, aucune musique n’est conservée dans des contenants hermétiques. Bien au contraire : la musique étant un art qui n’existe que par l’instant qui passe, sa nature même exige d’elle d’être constamment dans un processus de recréation.

Ainsi donc, que conservons-nous au Conservatoire ? La saveur de l’esprit de liberté, de création et de vie. Dans ces conditions, je reconnais parfaitement mon institution dans son appellation.

M pour musique

Rousseau avait  défini la musique comme étant l’art de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille. Si cette définition est séduisante de prime abord, nonobstant le fait qu’elle n’est peut-être plus tout à fait actuelle, vous admettrez que l’on peut s’interroger si le fait de pratique un art « agréable à l’oreille » suffise à expliquer qu’autant de personnes se soient battus corps et âme pour en défendre la formation. En effet, pourquoi George Humbert, Charles Faller et tous ceux qui les ont suivi considéraient-ils que c’était important de musicaliser une région ?

Pourquoi ont-ils investi autant d’énergie à vouloir offrir à la population neuchâteloise un accès privilégié à la musique ? Pourquoi étaient-ils prêts à braver les incertitudes et les difficultés financières en s’accrochant avec acharnement à leurs convictions qu’ils menaient une tâche essentielle ? Parce qu’ils savaient de quoi il en retournait ! Parce qu’ils étaient bien placés pour pouvoir témoigner de l’importance de ce langage universel des sens dans leur propre vie. Parce qu’ils étaient profondément convaincus que Nietzsche et tant d’autres ne se trompaient pas en déclarant la vie impossible sans la musique. Il faut dire que les innombrables mythologies avant eux donnaient à la musique une place prépondérante !

Ils auraient peut-être davantage pu souscrire à l’affirmation de leur contemporain, le compositeur Florent Schmitt, pour qui la « musique est l’art qui va au-delà de la parole pour exprimer ce que ne peut exprimer la parole. Telle est la mission de la musique, sa raison d’être, et qui la place au-dessus de tous les arts : elle exprime l’inexprimable. C’est elle qui approche le plus de l’infini ».

Si donc nos précurseurs se sont autant investis à défendre l’accès à la musique, une chose est certaine : leur définition de cet art dépassaient largement celle de Rousseau.

Et je crois pouvoir affirmer que toute l’équipe actuelle du CMNE a également une définition de la musique qui ne la réduit pas uniquement à des aspects décoratifs, divertissants ou bienfaisants, même si tous ces paramètres comptent également.

NE pour neuchâtelois

Le Conservatoire est pour tous les Neuchâtelois : « Musiques pour tous ! ».

Mais qui sont ces Neuchâtelois ?

Nous avons actuellement près de 2000 élèves qui portent environ 1000 prénoms différents. J’aurais grand plaisir à les citer tous, car chaque élève compte au Conservatoire. Mais peut-être que ce plaisir ne serait pas forcément partagé par tous les lecteurs.

Alors sélectionnons quelques noms au hasard :

Abteen; Adam; Aixala; Alexandre; Alphonse; Ambre; Andrée; Angela-Maria; Anne-Dominique; Antonietta; Aymen; Bérangère; Cajetana; Claire-Lynn; Enzo; Geneviève; Gertrud; Godjin; Hayri-Guney; Hironobu; Hongyi; Idhithi; Isaac; Jean-Jacques; Jean-Marie; Jeanne-Yvette; Kirishan; Lancelot; Leo; Loïc; Madhavan; Marc-André; Marie-Jeanne; Marie-Madeleine; Max; Miranda; Monique; Nastassia; Niccolo; Ombline; Pâris; Paul-Auguste; Pilar; Rayan; Riccardo; Ruiqiao; Runxi; Ruytang; Salomé; Stephanie; Tasnim; Tharuja; Thelxiopi; Thérèse; Tyn-Hinane; Vadim; Vladimir; Xintong; Zabou; Zalyssa; Zoltán; Zongsheng.

Que nous apprend cette liste de nom sélectionnés au hasard ? Je crois qu’il ne faut pas être un spécialiste pour déceler dans ces noms le public cible du Conservatoire : tous les âges, toutes les nationalités, toutes les conditions socio-économiques, à l’instar tout simplement… des habitants du canton de Neuchâtel. 

Alors, la question qui doit être posée est la suivante : où va le Conservatoire ? Quelle sera cette institution dans vingt ans ? Et s’il nous était permis de rêver comme le compositeur Bernard Reichel en 1947, dont vous pouvez trouver la vision prophétique illustrée ci-contre ? Et s’il nous était permis de croire que, en effet, comme il l'écrivait au dos de l'illustration, « dans vingt ans, tout aura bien changé dans le canton de Neuchâtel. Les arts et la musique en particulier, grâce notamment à l’ère fallérienne [mais également humbertienne et tous ceux qui les ont suivi], auront pris la place de toute autre préoccupation » ?

Tel est en tout cas mon souhait et mon utopie…

Soyez donc parfaitement bienvenus au CMNE !

Sylvain Jaccard, directeur 

Une formation de qualité

Depuis le milieu du XIXe siècle, partant des principes pédagogiques adaptés de Pestalozzi, plusieurs musiciens ont tenté de proposer une approche nouvelle de l’enseignement musical. Ainsi pouvait-on lire notamment qu’il s’agissait d’« enseigner les sons avant les signes et [d’]apprendre à l’enfant à chanter avant qu’il apprenne les notes écrites ou leur nom ». C’est donc tout naturellement qu’Émile Jaques-Dalcroze, fils d’une héritière de la pensée de Pestalozzi, redéfinira une approche de la musique, constatant que les méthodes traditionnelles se concentraient trop sur l’intellect au détriment des sens, sans parvenir à donner aux étudiants une expérience musicale valable (Comeau, 1995). Il dira : « C’est en constatant dans mes classes à quel point les 9/10 des élèves virtuoses comprennent mal et aiment peu la musique […] que j’ai songé à vouer ma vie au développement des facultés musicales de l’enfant, de façon à le livrer plus tard aux études techniques instrumentales dans les conditions qui lui permettent de faire de cette technique un moyen de s’extérioriser, de s’affirmer, […] au lieu de la faire servir à imiter servilement les pensées et les sentiments des autres » (Jaques-Dalcroze, cité par Bachmann, 1987).

Il y a eu donc Dalcroze, mais nous pourrions élargir la liste et citer une quantité impressionnante de pédagogues, de musiciens, de philosophes et de psychologues qui ont permis à l’enseignement de la musique au cours des dernières décennies de dépasser ce qu’il a archi-millénairement été dans son principe d’imitation des maîtres par les novices. Il s'est donc enrichi par cette approche repensée qui s’ancre dans une connaissance approfondie du développement psychoaffectif et cognitif de l’élève.

Le Conservatoire de musique neuchâtelois se fait ainsi une exigence d’être à la pointe de la connaissance en la matière. Cela fait plus de cent ans que nous proposons une formation musicale de qualité à la population neuchâteloise. Il s'agit donc d'une longue tradition pédagogique qui a su s'adapter à l'évolution stimulante de notre société, tout en maintenant vivace un héritage culturel et musical riche et précieux. Nous avons 120 professeurs qui partagent avec enthousiasme leur passion et leur compétence pour la musique, qui mettent toute leur énergie au service des élèves et se réjouissent à chaque fois que l'un d’eux quitte leur cours avec des étoiles dans les yeux. Car enseigner la musique, c'est transmettre un langage qui permet aux humains d'exprimer une part sensible du monde, c'est susciter un élan vital, profond et bienfaisant.

Une école de qualité

Le CMNE a obtenu en 2019 la certification quarte open label qui atteste que l'institution correspond aux standards d'un système qualité reconnu pour les écoles de musique. 

Le rapport d'audit précise ce qui suit :

« Le CMNE est une institution bien implantée dans le canton de Neuchâtel et qui assume son mandat public avec beaucoup d’engagement et de professionnalisme. Sa vision Musique pour tous ! souligne sa vocation à s’adresser à toute la population. Outre une offre diversifiée et quelque 300 manifestations organisées annuellement, elle propose dans cette optique des tarifs socialement acceptables qui permettent aussi aux personnes à petit budget de suivre les cours du conservatoire.

Sur la base d’entretiens, de sondages et d’exemples concrets, les auditeurs ont pu se faire une image claire de cette école de musique moderne et ouverte.

Une bonne collaboration avec deux lycées est en place. A l’école publique du Locle, les élèves ont la possibilité de suivre des cours intégrés de musique dans le cadre d’un projet pilote.

Les professeurs de musique interviewés apparaissent comme des pédagogues extrêmement engagés qui savent s’organiser dans différents domaines (p. ex. organisation de concerts).

Le système de GQ est encore récent et devra faire ses preuves ces prochains temps dans son utilisation quotidienne et dans son développement.

Nous encourageons l’équipe à régulièrement appliquer la roue de Deming (plan-do-check-act) à ses processus, et à l’adapter si nécessaire dans une optique d’amélioration permanente. »

La mission du conservatoire

Le CMNE se déploie sur l’ensemble du canton et propose un enseignement musical aux Neuchâtelois-e-s de 3 à 99 ans. Sa mission prioritaire est l’enseignement amateur et préprofessionnel de la musique, mais également le développement de la culture musicale générale dans le canton, conformément à l’article 2 de la loi sur le Conservatoire de musique neuchâtelois (LCMN).

Ainsi, chaque année, le CMNE propose plus de 200 auditions de classe et plus de 100 prestations allant du concert des orchestres hors les murs à l’accompagnement d’un chœur ou à l’animation d’une cérémonie privée ou politique. Le département musique-école du CMNE porte la responsabilité de dynamiser la musique à l’école et d’accompagner les enseignants dans leur didactique.

Le CMNE s’adresse à l’ensemble de la population, conformément à son adage « Musiques pour tous ! ». Ainsi, il a lancé ces dernières années de nombreuses activités qui s’adressent aux personnes en situation de handicap ou aux séniors.

Une des préoccupations fortes du CMNE est de répondre aux besoins de la population, sans qu’elle ait forcément à se déplacer dans les deux grandes villes. Ainsi, le CMNE a notamment renforcé sa présence au Locle en engageant un partenariat constructif avec la musique scolaire et en déménageant dans les locaux de l’Ancienne poste. Dans le Val-de-Travers, il a consolidé le partenariat avec les fanfares et a même créé un orchestre des élèves de cette région afin de dynamiser sa pratique musicale.

De manière générale, le CMNE cherche à renforcer les collaborations avec les acteurs culturels du canton. De nombreuses conventions de collaboration ont été ainsi signées. Ce faisant, le CMNE est parvenu à s’ancrer significativement dans le tissu culturel régional. 

Les objectifs du Conservatoire

Le Conservatoire de musique neuchâtelois perpétue, développe et transmet la musique en tant que bien culturel. Le Conservatoire garantit une vie culturelle publique à travers ses concerts, manifestations, collaborations, soutiens, prestations musicales publiques, privées ou politiques.

Les élèves et les professeurs du Conservatoire remplissent une mission culturelle déterminante : ils créent une humanité réceptive, accueillante, généreuse et solide, qui, où qu'elle soit, travaille à la cohésion du monde. Le conservatoire offre ainsi aux citoyens une « prise sur le monde ».

Une œuvre d'art, un concert, c'est d'abord une expérience d'humanité. Et c'est en cela que, bien plus que former une partie du public d'aujourd'hui, nous contribuons à confectionner une société respectueuse d'elle-même.

Venons-en alors au cœur même de nos objectifs : l’enseignement !

La formation musicale fait partie intégrante de l’éducation générale et du développement de la personnalité. Le conservatoire propose un enseignement musical de qualité et complète la mission éducative de l’école obligatoire. Le Conservatoire remplit ainsi une partie du mandat relatif à la formation musicale inscrit dans la Constitution et prévu dans le plan d’études romand. Les professeurs du Conservatoire forment les jeunes avec soin et professionnalisme dans tous les domaines de la musique.

Les élèves du Conservatoire ont aussi une influence déterminante sur l’enseignement musical dans les écoles obligatoires. Ils soutiennent l’enseignement musical en classe ainsi que les activités de chant et d’orchestre et stimulent la communauté de travail. Il faut savoir que, en moyenne, 10% des élèves de chaque cercle scolaire du canton sont élèves au Conservatoire. Cela représente donc deux à trois élèves par classe.

Mais il va de soi que nous pouvons et devons faire mieux. L’idéal serait que notre canton soit un modèle d’approche sociétale innovante et ambitieuse, en permettant à 100% de la population d’écoliers, voire même des adultes, de bénéficier d’une formation musicale de qualité à l’instar de celle qui est proposée au Conservatoire.

En plus, au-delà de l’objectif principal, qui est déjà un but en soi, de permettre aux citoyens de mettre la musique au centre de leur vie, il n’est pas inutile de rappeler – même si cela peut paraître légèrement utilitariste – que l’enseignement de la musique a un effet extrêmement bénéfique sur le développement des enfants.

En effet, selon l'Association suisse des écoles de musique (2014) l’enseignement musical contribue notamment à :

·        Améliorer de manière significative les compétences sociales ;

·        Renforcer la motivation à apprendre et à progresser ;

·        Compenser les difficultés de concentration ;

·        Favoriser la réflexion intégrée, la performance et la créativité ;

·        Améliorer le ressenti ;

·        Transmettre des stratégies constructives pour gérer le stress, les peurs et les événements complexes.

Et les adultes ?

A en croire les nombreux témoignages entendus, la pratique d’un instrument représente pour les élèves adultes du Conservatoire infiniment plus qu’un loisir. Nous sommes convaincus, et maintes recherches l’attestent, que les effets collatéraux positifs de la pratique musicale leur permettent de faire face aux difficultés de la vie avec davantage de ressources que tout ce qu’on peut imaginer.

Et pour finir, les séniors. Plusieurs recherches ont été entreprises pour mesurer l’effet de la rythmique pour les séniors sur différents aspects, notamment les risques de chutes. Les résultats sont stupéfiants : les cours de rythmique réduisent très significativement les incidences des chutes et le nombre de chutes des personnes âgées. De plus, ces cours ont un impact très positif notamment sur l’anxiété et l’humeur ainsi que sur les fonctions cognitives.

La population neuchâteloise est donc invitée à comprendre que le Conservatoire, leur Conservatoire, peut être d’un apport significatif pour leur vie. 

Valeurs

Pour marquer l’élan institutionnel porté par notre adage « Musiques pour tous ! », nous avons cherché à définir les valeurs essentielles qui guident les gestes quotidiens de nos professeurs. Nous considérons donc que l’enseignement de la musique est un enrichissement, un épanouissement et une ouverture. Un enrichissement, puisqu’il permet d’apprendre un art vivant et universel, de cultiver les compétences pour la pratique et l’écoute musicale et d’élargir son horizon culturel. Un épanouissement, puisqu’il permet de créer et de s’exprimer, de développer le goût de la persévérance et de vivre des satisfactions profondes. Une ouverture, puisqu’il permet de musiquer par la pratique personnalisée et collective, de découvrir le monde et l’histoire et de cheminer vers la beauté. 

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